Maurice
Denis, peintre parmi les « prophètes », a donné
plusieurs œuvres exprimant le premier « Mystère Joyeux »,
c'est-à-dire, l’Annonciation.
Aujourd’hui, tout en pensant à la fête chrétienne du 25
mars,
nous nous tournons vers le tableau conservé au Musée des Beaux-arts
de Tourcoing.
C’est
la chambre de Marie. Sur le rebord de la fenêtre, un vase, un lys à
trois fleurs. Saint Bernard disait que l’Annonciation a lieu au
moment où commencent les fleurs ; en fait il parlait de Marie
« tel un lys parmi les épines, ainsi la bien-aimée du
Cantique » (Cq
2/2).
Les trois fleurs sortant d’une tige unique expriment Dieu. La
pureté de la Vierge Marie ne vient pas de la vertu des hommes, mais
de l’Etre saint du Très-Haut et sainte Trinité.
A
l’opposé, la porte est ouverte. Quelle profusion de végétation
aperçoit-on dans le jardin ! C’est la porte du jardin fermée
par l’Ange au Commencement (Genèse
3/24).
Aujourd’hui, la voici grande ouverte pour les hommes de bonne
volonté. Car sur la décision de Dieu, l’ange Gabriel en a défait
les verrous. Il frôle, en passant, un siège de bois, comme un
trône, sur lequel est ouvert le livre de la Parole. Car Marie savait
que l’homme est vraiment nourri de tout ce qui vient de la bouche
du Très-Haut. (Dt
8/3)
Entré
dans la demeure, Gabriel est en train de s’agenouiller devant la
Reine. Mains levées, les paumes ouvertes, il semble transmettre la
Bénédiction. En même temps, le buste incliné, évoquant peut-être
la liturgie céleste, il se tient déjà en adoration devant l’Enfant
Dieu à naître.
Marie
debout domine la scène ; elle s’est levée, c’est son
« fiat ». Elle ne voit plus le messager. Magnifiée, son
âme chante le Seigneur. Face à la réalisation progressive du
dessein de Dieu, elle gardera ainsi dans son cœur le cours des
événements (Luc
2/51).
A
l’arrière, la croisée d’une fenêtre ; elle dessine, en
ombre portée, la Croix au bas de la robe de la Vierge.
« En
ce jour de l’Annonciation, la glorieuse majesté de Dieu s’est
abaissée pour nous.
En
Marie se sont accomplis tous les messages des prophètes.
En
ce jour, la Vierge est devenue pour nous le ciel qui porte Dieu.
En
elle, Dieu s’est fait petit, mais sans amoindrir sa nature et pour
nous faire grandir.
En
elle, s’est levé le Christ.
D’elle,
formé à son image, il est sorti pour entrer dans la création
façonnée jadis à son image ».
Ces
derniers mots recopiés sont de St. Ephrem, diacre au IVe siècle.
JP
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