Les
Etats-Unis vont voter, la Russie va voter, la France va voter.
Alors que la
politique paraît disqualifiée, elle reste pourtant incontournable.
Autre pièce au dossier :
Deuxième
page :
Parmi
les
fléaux
en
politique :
les
télé-anarchistes.
Il
n’y
a
pas
que
les
politiciens
qui
crachent
dans
la
gamelle.
Les
humoristes,
en
vogue
sur
les
antennes,
participent
grandement
à
dérision
générale
qui
entoure
la
sphère
des
responsabilités
publiques,
le
sérieux
du
débat
démocratique,
et
le
respect
des
institutions
qui
maintiennent
la
cohésion
du
pays.
Leur
pouvoir
de
communication,
qui
est
au
service
d’une
grande
mission,
ils
l’ont
caviardé
avec
la
dérision,
le
politiquement
incorrect
semblant
devenu
de
rigueur.
Les
hommes
et
femmes
politiques,
parmi
d’autres,
doivent
se
plier
à
ces
rituels.
Il
leur
faut
fréquenter
les
émissions
inscrites
dans
la
case
du
divertissement.
Le
peuple
veut
le
cirque
avec
les
fauves
et
de
la
rigolade !
Si
possible,
les
invités
à
l’émission
tenteront
de
se
mettre
à
niveau,
en
glissant
une
répartie
qualifiée
d’humour,
quel
qu’en
soit
le
poids.
Sinon,
comment
défendre
quelques
idées
passées
au
crible
des
plaisanteries
des
professionnels
de
l’antenne ?
Dans
une
société
dominée
par
le
« paraître aux
médias »
et
le
spectacle
aux
rires,
ou
bien,vous
montez
sur
la
scène
de
Guignol,
ou
bien
vous
n’existez
pas.
S’il
n’y
a
plus
que
le
théâtre
lyonnais,
allez
donc
recevoir
les
coups
de
bâtons !
Car
ceux
et
celles
qui
voudront
socialement
percer
devront
faire
rire,
ou
accepter
qu’on
puisse
rire
d’eux.
Robert
Migliorini
(1),
dans
un
article,
se
montre
nostalgique
en
évoquant
le
passé.
« Il
est
loin
le
temps
où
quelques
chansonniers,
fiers
de
jeter
quelques
grains
de
sel
dans
la
marmite
de
l’actualité,
égratignaient
les
puissants
de
leurs
joutes
verbales. »
Il
conclut
qu’aujourd’hui,
il
faut
d’abord
rigoler
bien
avant
d’écouter.
Pour
l’instant,
avec
la
compétition
des
chaînes
TNT,
nous
ne
pourrons
pas
échapper
à
ces
pitreries
politiquement
incorrectes,
où
les
personnes
et
les
institutions
publiques
ne
cessent
d’être
déconsidérées.
« Le
parti
d’en
rire
deviendra-t-il
le
premier
de
France ? »,
écrit
Migliorini
(1).
Et
si
Monsieur
de
La
Bruyère
était
de
nos
jours,
il
aurait sûrement
croqué
Ruquier.
Cependant,
il
n’est
donc
pas
étonnant
qu’il
y
ait
une
sourde
hostilité
envers
la
chose
publique,
d’autant
plus
qu’en
préparation
électorale,
on
entend
des
noms
d’oiseaux
qui
volent
bas.
« Tous
pourris »,
dit-on
très
vite. C’est
difficile
à
nuancer
quand
la
Télé
répond :
«Tous
des
rigolos ! ».
JP
(1) Page
inspirée de « Le parti d’en rire » de Robert
Migliorini, avec deux citations de ce article paru dans Les Cahiers
Croire, numéro de janvier 2012, page 50.
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